Exposition "Léonard de Vinci" au Louvre jusqu'au 24 février

Du génie depuis 500 ans (et plus...)

Publié par arman - mardi 12 novembre 2019, 16:04 | Voir les avis

classique

Pour marquer les 500 ans de sa mort le Musée du Louvre consacre jusqu'au 24 février une exposition à celui qui juste ses contemporains Michel-Ange et Raphaël, est l'artiste le plus merveilleux que la Terre ait porté, le Taulier de la Renaissance Italienne, le peintre Leonardo da Vinci. 

Nous allons retrouver l'origine du bonheur que procure la vue de certaines oeuvres du Maître et en particulier expliquer en quoi consiste son génie. Puis nous révèlerons ensuite si cette exposition si courue au Louvre est à la hauteur d'un Artiste aux multiples facettes.

Mais laissons de côté d'abord le fait que Léonard de Vinci fut aussi de son temps un ingénieur et un inventeur incroyables, de l'ébauche du premier scaphandre à celui du premier parachute, car cela n'ajoute finalement rien au génie artistique qui nous intéresse.

Où est le génie de Léonard ?

Qu'est-ce qui fait alors de Léonard de Vinci le plus grand peintre du monde ? Est-ce d'abord parce qu'il est un dessinateur plus qu'hors pair, doué d'un trait fantastiquement précis et réel ? Certes et d'ailleurs les études de l'exposition sont là aussi pour le montrer mais ça ne suffit pas encore pour en faire le plus grand.

Ce sont bien plutôt les incroyables effets d'ombres veloutés, que l'on retrouve notamment sur les portraits (La Belle Ferronnière ci-dessus, La Joconde, la Dame à l'Hermine) qui modèlent les visages et donnent une impression de vie à leurs personnages, grâce à une technique de clair-obscur inventée par Léonard lui-même (le sfumato).

La lumière et les ombrent dessinent leurs traits, font corps avec les joues, le nez, le front des personnages, et leur attribue une douceur miraculeuse née seulement de l'artifice d'un homme.

Le cas de la sainte Anne

La réponse que nous avons faite est peut-être encore trop académique car à dire vrai si pour nous Léonard de Vinci est un "dieu" de la Peinture c'est encore plus à cause de son oeuvre la plus achevée, la fameuse Sainte Anne...

A l'origine, lorsque nous l'avons découvert dans la Galerie Italienne lors de nos premières visites au Louvre, l'émerveillement profond ressenti ne participait pas seulement du sfumato. L'élan maternel de la Vierge se penchant vers l'enfant, le voile transparent et néanmoins visible de sainte Anne, le double stabilisateur de Marie, leurs sourires bienveillants à toutes deux permettent de rendre à l'amour et à la chaleur maternels un peu plus qu'un hommage, une apothéose.

Sans doute, plus que La Joconde, cette oeuvre est le sommet de la Peinture, par conséquent fait partie de ce que le genre humain a réalisé de mieux.

Néanmoins, la version visible dans l'exposition est obligatoirement celle sortie de la "restauration" achevée en 2012. Et malheureusement même, car là où auparavant le spectateur etait bercé entre les regards des deux femmes, son oeil est sans cesse à présent attiré par le bleu acide d'une robe qui rend même invisible les nuances du drapé.

Les Deux Madone aux fuseaux

Quant à l'exposition elle ne pourra forcément que décevoir un peu : hormis les chefs d'oeuvre du Louvre peu de toiles de De Vinci ont été prêtées pour l'occasion. Les deux Vierges ci-dessous, dites "aux fuseaux" et placées côte à côte, sont cependant un moment fort de l'exposition.

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En s'approchant assez près des deux toiles, on s'apercevra de l'incroyable rendu des carnations partagé par ces deux "Vierges". La couleur de la peau est très réelle certes grâce aux pigments "chair" et à l'effet sfumato qui suggère les volumes comme ceux d'une sculpture. Mais en outre des nuances presque imperceptibles de vert ou de bleu pareilles aux veines sous la peau, la font croire aussi vivante qu'un organisme humain réel. Si la Sainte Anne est la musique pour orchestre de Léonard de Vinci, les deux "Madones" sont sa petite musique de chambre.

A part ça, à une ou deux autres exceptions (la Madone Benois, le Saint Jérôme) il faudra se contenter des études et mêmes de simples dessins, au trait certes prodigieux comme on peut le constater ci-dessous :

Pour tout vrai amateur de la Renaissance Italienne et de De Vinci en particulier, cette exposition reste évidemment un must. Pour un simple curieux il vaudra mieux éviter la foule et attendre de découvrir De Vinci quand ses toiles auront recouvé leur place, dans la collection permanente évidemment.

 

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