Au Musée d'Orsay et à celui de l'Orangerie.

Les autres expos de l'automne

Publié par arman - mercredi 8 février 2017, 16:49 | Voir les avis

classique moderne

Si toutes les expositions n'ont pas fait l'objet d'une critique sur cette gazette en ligne, nous nous sentons obligés de vous faire découvrir parmi elles les toiles marquantes vues cet automne. 

Nous n'avons pas oublié en effet certaines toiles exposées à l'Orangerie et au Musée d'Orsay cette saison.

L'impressionniste Frédéric Bazille

Le Musée d'Orsay consacre une rétrospective au plus méconnu des pionniers de l'impressionnisme. Le montpelliérain Frédéric Bazille, issu comme ses amis Monet, Pissarro et Renoir de l'Atelier de Charles Suisse, tenta avec eux de révolutionner la Peinture dans les années 1860. Il fut malheureusement fauché en pleine jeunesse durant la guerre franco-prussienne de 1870, ce qui explique en partie que son oeuvre soit moins connue. 

Ses toiles les plus ambitieuses et réussies représentent des paysages du midi en été, peints en grand format. Apparaissent certes au premier plan des nus masculins plutôt académiques (des baigneurs dans les étangs près de Montpellier) ; mais les nuances vert pomme, appliquées graduellement selon l'exposition de la flore aux rayons du soleil, recréent l'ambiance d'une nature méridionale et rieuse. C'est là que réside le talent de Bazille et c'est déjà beaucoup comme le montrent : Les lauriers roses - 1867 - Cincinnatti Art Museum ; Scène d'été - 1870 - Cambridge (EU), Harvard Art Museum ; Le pêcheur à l'épervier - 1868 - Remagen (Allemagne), Arp Museum. 

Plutôt que de trahir par des photos aux couleurs affadies les oeuvres citées ci-dessus, nous préférons vous montrer Jeune femme aux piviones - 1870 - Musée Fabre, Montpellier ci-dessus et cette marine ci-dessous, gages que nous avons gardés de son talent.

Marine à Sainte-Adresse - 1865 - Atlanta, High Museum of Art

La lumière de l'éclaircie matérialise la vague à contre-jour, dans un moment que nous partageons avec le promeneur solitaire sur la plage.

Les peintres américains, années 1930

L'exposition à l'Orangerie n'a offert que peu de surprises et de découvertes : beaucoup de peintures naturalistes sur la réalité industrielle et sociale des EU, au cours de la première moitié du XXème siècle. Du côté de Hopper la fameuse station service déjà vue au Grand Palais et pour Jackson Pollock une oeuvre mineure de jeunesse. Il y eut cependant les surprises Grant Wood et Philip Guston, découverts à travers les toiles ci-dessous : 

Young Corn - 1931 - Grant Wood, Cedar Rapids Museum of Art

Les pentes des collines ont beau être raides, elles n'en sont pas moins rondes et douces dans ce paysage paisible de campagne au relief encaissé. Tels des buissons bien taillés les arbres reproduisent à leur échelle le relief de cette nature nourrissière, travaillée par l'Homme.

American Gothic -  1930 - Grant Wood, Art Institute of Chicago

Voici le portrait naturaliste et édifiant de deux paysans américains, sorte d'icône de la culture traditionnelle américaine. Les innombrables replis et sillons sur le visage de l'homme sont la marque des multiples difficultés qu'affronte ce quaker à la vie dure. La fourche tenue fièrement et qui l'aide non seulement à se défendre mais à se nourrir, se retourne finalement contre lui. "A la sueur de ton front tu mangeras du pain" disait Genèse. C'est ce que semble indiquer en filigrane l'ombre de cette fourche imprimée sur la salopette, comme une épée de Damoclès pointant la faim sur ce paysan valeureux.

Bombardment - 1937 - Philip Guston, Philadephia Museum of Art

Philip Guston est plus connu comme un expressionniste abstrait américain, proche de Jackson Pollock. Mais dans une oeuvre de jeunesse encore très réaliste il réussit à représenter un bombardement aérien de façon surprenamment esthétique. Dans la lentille convergente du tableau se concentrent des corps soulevés par la déflagration d'une bombe. Emmêlés dans une même panique ils sont peints avec des couleurs vives éclairées par une lumière édifiante, qui tranchent avec le pessimisme fondamental du sujet.

Mais avec cette lumière et ces couleurs, n'est-ce pas l'instant fatidique qui marque son empreinte éclatante sur l'instantané de la toile? Ce style brillant pourra rappeler au lecteur celui de Salvador Dali.

L'exposition s'est achevée le 30 janvier 2017.

Pas d'avis pour l'instant.
Publier un commentaire :