Exposition "Franz Marc / August Macke. L'Aventure du Cavalier Bleu"

Une cascade de couleurs

Publié par arman - dimanche 7 avril 2019, 19:21 | Voir les avis

moderne

Le Musée de l'Orangerie présente jusqu'au 17 juin une exposition consacrée à deux figures de l'Expressionnisme allemand. Ce mouvement du début du XXème siècle a laissé des souvenirs inoubliables grâce aux mémorables expositions du Musée Marmottan et à l'ancienne Pinacothèque. Cette nouvelle exposition avec uniquement deux artistes est-elle à la hauteur des précédentes?

Les expositions passées avait déjà montré les splendides fleurons du groupe Die Brücke (Le Pont) basé à Dresde et créé en 1905. Juste après les premières toiles de Derain et Vlaminck peintes sur les bords de Seine à Chatou, la bande à Kirchner émerveille par des tableaux qui ont peu à envier au Fauvisme. C'est ainsi que feu la Pinacothèque de Paris (exposition Expressionismus et Expressionismi en 2011) pouvait nous montrer des chefs d'oeuvre, de Kirchner donc mais aussi Heckel et Schmidt-Rottluff, non brûlés par les autodafés nazis en 1938 et sortis enfin des musées régionaux allemands.

Avec Kandinsky

Mais nos deux artistes Franz Marc et August Macke n'ont pas fait partie de ce groupe. L'exposition de l'Orangerie présente en effet deux artistes du mouvement Le Cavalier Bleu, un second groupe fondé plus tard en 1912 à Munich par Kandinsky et Franz Marc, et auquel s'est joint son ami August Macke. A cause de la monotonie vaguement réaliste des premières toiles peintes par les deux artistes, l'exposition dédiée s'avère assez décevante. Il fallait la présence d'un Kandinsky encore non abstrait Murnau - 1909 - New York, Neue Galerie, et d'un Douanier Rousseau, présent en tant qu'idole des membres du Cavalier Bleu, pour véritablement susciter le plaisir à regarder du visiteur. 

Franz Marc

Cependant la salle consacrée aux grands formats colorés de Franz Marc révèle une personnalité au style totalement expressionniste, moderne et enchanteresse. Car ce sont en effet de véritables arc-en-ciels picturaux qui sont peints par l'artiste en filigrane de scènes au thème déjà idyllique.

Dans La Cascade ci-dessus, des baigneuses figées comme des totems s'identifient aux différentes strates colorées du sol et de la nature. L'eau du torrent flue sauvagement et se transforme en cascade de couleurs pour idéaliser une nature déjà paradisiaque.

Les animaux sont symboliquement dessinés, ce ne sont plus un cheval ou un lion particulier mais l'idée de la présence d'un cheval ou d'un lion qui sont suggérées. L'artificialité de l'abstraction élime la sauvagerie du sujet pour n'en garder que l'Idylle et donner vie à des couleurs qui n'avaient besoin que d'un joli sujet pour charmer nos sens.

Pour clore cet article, signalons l'amitié entre nos deux héros et les Delaunay, faisant le trait d'union avec l'art moderne en France. Ceci permet au visiteur de voir ou revoir, La Prose du transsibérien et de la petite Jehanne de France avec les superbes illustrations de Sonia Delaunay, déplié à la verticale, malheureusement pas aussi bien mis en valeur que pour l'expo du MAMVP.

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